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THOMAS iLWCOLH CÀ3ET

LIBRARY 1925

.EVUlî

.OMOLOGIE

PUIJMHK PAU r.A

société Française (rEntoiiiologic

liÉDACTKUiv: ALBKltr KAUVKL

TOME XVII. -- 1898. N- 1 et 2. (12 numéros par an)

CAEN

TYPOGKAPHlh:-LirilOGRAPIlIH: A. LE BOYTEUX

RTIF. SAINT-PIERRE, i02 cV 116 1898

Sommaire des n^^ 1 (

Mœurs cl métamorphoses des Insectes (9', capitaine Xambeu i

.MEMBRES DU COMITÉ D'iïïlJDES DE LA .SOCIÉTÉ ,

(Cliaqite insecte coninii(iii<jiic doit porter sa localité précise.

MM. Piiton, ;i riemiremoiit (Iléiniplèios-IIoléioplères paléunliques).

A. Fauve], à Caeu (Staphyliiiitlcs exotiques, Caraljides, b^tisc'Jes, Gyrinides, Hydiophilidi's, Monotoma, Biipieslides, Throscides, Eucuemides, Elaterides, Eycides, Clerides, Anobiides, Anthicides, Tropiplioius, Xylophagos et Coranibycides gallo-rhénans).

Bourgeois, à Sainte-Mane-anx-Miiios (Malacoderines,surtoutLycide9).

Finot, à Fontainebleau (Orllioplères d'Europe et circa).

Ern. André, à Gray (Formicidcs et Mutillides de tous pays).

Abeille de Perrin, à Marseille (Malarhiidcs (rEurope Pt circa).

Du Brossay, au Puy (Coccinellides de France).

r>. Martin, au Blanc (Nevroptères d'Europe, sniloul Odonates).

B. P. Belon, à Lyon (Lallaidiens il'Europe et exotiques). Pi. du Buysson, à Clermont-Ferrand (Chrysididcsi.

M. Pic, à Digoin (Longicorncs et Derrnestides d'Euiope et circa; Anthicides et Ptinides du globe).

Cbobaut, à Avignon (Mordellides d'Eui'ope et cii'ca).

Df Bégimbart, à Evreiix (Dystiscides et Gyrinides uu globe).

D"^ O.-M. Reuter, à llelsingfors (liérniplèros-Héléroptères paléarc- liques; Podurides).

Ed. Fleuliaux, à Paris (Cicindélides et Elaterides du globt).

G.-W. Kirkaldy, Saint-Abbs, à Wimbledon, Surrey-Angleterre (Hé- miptères aquatiques; Locustides).

Nota. MM. les Sociétaires qui voudiaient faiie partie du Comité sont priés d'en informer le rédacteur de la Ptevue.

REVUE

D'ENTOMOLOGIE

PUBLIEE PAR LA

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ENTOMOLOGIE

REVUE

DEiNTOMOLOGIE

puni. IKK PAU r.A

Société Française d'Eiiloiiiologic

I'.kdacteur: ALBEIIT FAUVKL

TOME XYIl. - 1898.

CAEN

TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE A. LE BOYTEUX

RtIR SAINT-PIERRE, |02 dc 116 1898

MŒURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES

Par le Capitaine XAMBEU.

9*^ MÉMOIRE.

PREMIERE PARTIE.

Le présent mémoire fait suite &u septième, dont la première partie vient de paraître dans les Annales de la Société Linnéenne de Lyon, 1897, p. 9 à o7 ; il contient le résnilal de nos observations biologiques faites au jour le jour, ainsi que la connaissance de cer- tains faits inédits, toujours précédés des descriptions relatives aux diverses transformations par lesquelles passent les insectes qu'il nous a été donné de pouvoir suivre dans le développement de leurs états successifs.

Puissent nos travaux ouvrir la voie vers ces horizons inconnus dont le Créateur semble à lui seul s'être réservé le secret.

Ria, 2-2 janvier 1898.

Pristonychus oblongus Dejean.

(Fairmaire, Faune Fr., 18oi, n" 2' p. 69.)

Larve. Longueur, 17 millini ; largeur, 3 miliim.

Corps allongé, parallèle, charnu, jaunâtre pale, couvert de cils rougeâlres épars, peu convexe en dessus, encore moins en dessous, à région antérieure rougeàtrc arrondie, la postérieure peu atténuée et bifide.

Tête moyenne, arrondie, rougeàlre, cornée, rectangulaire, à angles arrondis, à disque déprimé, très finement pointillée, à côtés couverts de longs poils, ligne médiane pâle, bifurquée au vertex en deux trails onduleux dominant une légère carène aboutissant à la base antennaire, tache noire au conlluent des deux branches, entre les deux trails bifurques est une autre légère carène s'avan- çant vers la lisière frontale qui est arrondie et subverruqueusc et dans laquelle se confondent le labre et l'épistomo; mandibules fortes, dépriméss, faloiformes, rougeâlres, à extrémité noire et unidentée, avec courte dent noirâtre, arquée en dedans, vers le

Revve d'Entomologie. .lanvier 1898. 1

milieu de la tranclie interne; mâchoires à tige droite, subcylin- drique, à côtés garnis de lon;,'s cils, lobe rudiinenlaire prolongé par une longue soie, palpes intérieurs petits, obliques eu dedans, bi- articulés. l'article basilaire obconique, le terminal grêle ; palpes extérieurs allongés, à premier article court, granuleux, deuxième prolongé, cylindrique, troisième court, obconique. quatrième plus court, grêle ; menton court, transverse, trianguiairement prolongé en pointe; lèvre inférieure obcordée et ciliée, palpes à premier article cylindrique allongé vers l'extérieur, le deuxième petit dirigé en dedans; languette rudinientaire prolongée par une longue soie; antennes longues, latérales, rougeâtr^s, annelées de testacé, à pre- mier article cylindrique très long, deuxième et troisième même forme, moindres, le troisième à bout échancré, du fond de l'échan- crure émerge un court article supplémentaire dentiforme, quatrième grêle, obconique. dirigé en dehors, à bout tricilié; ocelles petits, noirs au nombre de six, disposés sur une légère protubérance sur deux rangées parallèles de trois chacune.

Segments thoraciques peu convexes, parallèles, lisses et lui- sants, liés finement ridés pointillés, à côtés garnis de cils rou- geâtres, avec ligne médiane pâle commune aux huit premiers seg- ments abdominaux, le premier un peu plus large que la tête, cou- vert d'une grande plaque rectangulaire rougeâlre, â bord antérieur plus clair, ridé en long et prolongé en courte pointe arrondie sur la tête, le bord postérieur et les côtés relevés en légère carène, quelques poils épars sur la surface émergeant de petits points ; deuxième et troisième égaux, transverses, le deuxième à bord anté- rieur rougeâlre, incisé en arc en .son milieu, tous deux couverts d'une plaque jaunâtre, à bord postérieur ridé, à flancs incisés.

Segments abdominaux un peu plus jaunâtres, un peu plus convexes, s'atténuant mais peu vers rextrémilé, les huit premiers courts, Iransverses, couverts d'une plaque à surface garnie de cils droits rougeâtres, plus longs vers l'extrémité, plaque à côtés arron- dis et incisés, neuvième court, arrondi, prolongé par deux longs styles noueux connivents, prolongés par de long cils à chaque nœud et par trois plus longs au bout.

Dessous de la tête bilobé, à milieu incisé, du premier segment thoracique trianguiairement excisé, des huit premiers segments abdo minaux couverts de trois plaques jaunâtre clair, luisantes, une première grande, semi-ovalaire, deux latérales conjointes au mi- lieu de l'arceau, neuvièn-e {irolongé par un long pseudopode cylin- drique, cilié, à fente en long; un double bourrelet latéral formant chaînon longe les flancs délimitant la zone d'action des deux régions dorsale et ventrale.

Pattes allongées, rougeâtres, ciliées elspinuleuses; hanclies fortes à milieu canalicuié, à base incisée d'un Irait noir arqué ; trochan- ters allongés, couiiés, cuisses larges, subcomprimées, jambes courtes à bout renflé, tarses à tige très allongée, prolongée par un court onglet rougeâlre bifide, à pointes aciculées.

Stii/mates très petits, orbiculaires, flaves, à péritrème doré, la première paire un peu plus grande sur la ligne d'intersection des deux premiers segments thoraciques, sous le rebord latéral, les suivantes au-dessus de ce rebord et au tiers antérieur environ des huit premiers segments abdominaux.

De cette larve, on peut relever comme traits génériques: les trois carènes crâniennes, le prolongement du prothorax sur la tête et la tige tarsale; comme traits spécifiques: la lisière frontale inerme et arrondie, le lobe maxillaire et la languette rudimentaires, les rides du bord antérieur prothoracique. etc.

Elle a les plus grands rapports avec celle du P. terricola, décrite par Chapuis, p. 376, 1833 ; elle vit dans les grottes peu profondes des environs de Ria, dans lesquelles se terrent les puants; c'est des vers de Diptères qui puisent leur nourriture dans les déjections de ces bêtes qu'elle s'alimente; elle respecte les larves de Tenebrio- nide qui habitent dans ce même milieu; c'est en décembre que, dans ces lieux tempérés, a lieu la nymphose; l'adulte, après être sorti de son berceau souterrain, reste longtemps à découvert sur le sol ou sur les pierres des cavernes pour permettre à ses téguments de se raffermir.

L'accouplement des deux sexes a lieu par superposition, le mâle sur la femelle, aussi bien au printemps qu'en automne; il peut se produire aussi en hiver comme en été ; dans ce sombre milieu l'insecte existe, l'espèce peut se propager en tout temps, la tempé- rature s'y maintient toujours clémente ; en toute saison on trouve des larves; quant à la phase nymphale,fi quelle époque se produit- elle? Mystère ; j'ai eu beau bouleverser la demeure souterraine des larves; jamais je n'ai trouvé d'indices de phase nymphale. et mes élevages en laboratoire n'ont pas obtenu de meilleurs résultats ; j'ai lieu de croire que la nymphose a lieu à l'écart, loin du milieu nour- ricier, et ce qui serait de nature à le démontrer, c'est la présence aux abords de l'entrée des cavernes d'un certain nombre d'adultes immatures.

Les œufs, déposés peu profondément dans le sol qui recouvre les vers de Diptères vivant des déjections des bêles puantes cavernicoles, sont au nombre d'une vingtaine environ par ponte.

Œuf. Longueur, 1 millim.; diamètre, 0"i"i4.

Ovoïde, blanc terne, très imperceptiblement pointillé, arrondi aux

deux pôles, un peu moins à l'an qu'à l'autre, à coquille assez résis- tante; réclusion a lieu une quinzaine de jours après le dépôt de la ponte.

Cryptocephalus rugicollis Olivier.

(De Marseul, Mon. Cri/pt., 1874, n" 6, p. 31).

L'accouplement de cette espèce a lieu vers la fin de mai sur les fleurs ou sur les feuilles de diverses Chicomcées, en particulier sur \es F^icfidium culgare, Barkansia taraxifolia; la copulation dure toute la journée, elle se continue même de nuit; le lendemain de la séparation des deux sexes, la femelle ctierclie à assurer le sort de sa progéoilure; à cet effet, campée sur les bords de la fleur, elle se met en devoir de procéder à la ponte.

Les œufs, au nombre d'une trentaine environ, sont longs de Ommy (ju diamètre de O'""^o. de forme ovoïde, sans traces de rides ni de réliculations apparentes, arrondis aux deux pôles.

Uenveloppe primaire a en longueur 1 millimètre et en largeur 0"""5, cylindrique, jaunâtre luisant, imprégnée de cannelures pro- fondes en quart de spire et en forme de pas de vis, arrondie au pôle antérieur, le postérieur tronqué.

Au fur et à mesure que l'œuf sort de l'oviducte, la femelle dé- pose sur ses parois une matière jaunâtre, résidu de ses propres dé- jections, qu'elle façonne avec les tarses de ses pattes postérieures en lui donnant une forme cannelée et arrondie ; dès lors, l'œuf est abandonné par la mère, qui le dépose sur les fleurs ou sur les feuilles: mais, par son enveloppe, il se trouve protégé et à l'abri de lout danger; quelques uns, njais rares, sont pondus et non recou- verts; ceux-là sont destinés à périr.

Cette enveloppe primaire se transforme successivement au fur et à mesure de l'accroissement de la larve, et lorsqu'elle est achevée, elle présente la forme suivante :

Fourreau . Longueur, 4 mi'lim. ; diamètre, 2 millira.

Consistance assez ferme, allongé, subcylindrique, noirâtre, verru- queux, à côtés subpéprimés, sans côtes ni saillies, un peu renflé à son tiers postérieur, arrondi au bout inférieur qui est bilubercu- leux, ces deux tubercules n'étant que les vestiges de l'enveloppe primaire, obliquement tronqué îi l'ouverture, qui se prolonge en dessus en lame triangulaire, le bout inférieur recouvert de longues soies rougeâtres éparses, la paroi intérieure lisse.

La larve, qui vil à l'abri de ce fourreau qu'elle traîne partout avec elle, passe l'tiiver légèrement enterrée, au pied ou non loin des

plantes nourricières: en mars, elle prend encore un peu de nourri- ture ; c'est alors qu'arrivée à son complet développement elle a acquis les traits suivants :

Larve. Longueur, o millim. ; largeur, 1 milliin. 4.

Corps arqué, mou, charnu, blanc terne, couvert de courtes soies rousses éparses. plus denses sur la tête et sur le premier segment Ihoracique, convexe en dessus, arrondi aux deux, extrémités.

Tê/e grande, noire, déprimée, cornée, orbiculaire, linement ponc- tuée, couverte d'assez longs cils roux, denses; ligne médiane obso- lète, bifurquée au verlex ; épistome et labre confondus avec la lisière frontale, qui est écliancrée ; mandibules courtes, rougeâtres. arquées, à extrémité noire et bidentée. les deux pointes se joignant sans se croiser ; niâciioires longues, à lige continue ; lobe très court, denté, cilié; palpes obliques en dedans à articles coniques; menton très long, corné, encastré entre les deux montants des roàctioires ; lèvre inférieure courte, transverse, surmontée de deux courts palpes labiaux droits, biarticulés; languette constiluée par un court empâ- tement cilié ; antennes saillantes, mais courtes, rougeâlres, anne- iées de teslacé, l'arlicle basilaire annulaire, le deuxième obconique, grand, troisième petit, court, à bout arrondi prolongé par un court cil, sans traces d'article supplémentaire ; ocelles, quatre points cornés, noirs, rougeâtres, disposés en demi-cercle en arrière de la base anlennaire.

Segments ihoraciques grands, le premier transverse, à flancs dilatés, rembrunis et ciliés, couvert d'une plaque noire, lisse, fine- ment ridée, en forme de demi-lune, à bord postérieur relevé, marqué d'un gros point de chaque côté de la ligne médiane, qui est obso- lète; deuxième et troisième membraneux, brunâtres, transverses, clairement ciliés, semi-circulairement incisés.

Segments abdominaux forme et couleur des deux précédents, bitransversalement incisés, éparsement ciliés, à flancs dilatés et garnis de courts cils, le bord des incisions relevé en léger bourrelet, les quatre derniers arqués et garnis de longs cils épars; segment anal déprimé, nnitransversalement incsié, à bout arrondi, à fente transverse.

Dessous déprimé, plus pâle qu'en dessus, très courtement cilié, les seguients abdominaux semi-circulairement incisés, anus bilobé; une double rangée de bourrelets longe les flancs et délimite la zone d'action des deux régions dorsale el ventrale.

Pattes allongées, cornées, noirâtres, courtement ciliées de roux, hanches très longues à base rembrunie; trochanters courts, coudés; cuisses el jambes comi'rimécs; éparsement ciliées; tarses en forme de court onglyt rougeàtre.

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Stigmates très pelils, orhiculaires, flaves, à p-^ritrème blan- châtre, la première paire au bord antérieur du deuxième srgment thoracique sous le bourrelet latéral, les suivantes peu apparentes au-dessus de ce bourrelet et au tiers environ des huit premiers segments abdominaux.

Cette larve, qui porte comme traits spécifiques deux gros points sur la plaque prottioracique, vit en nombre dans les plaines des environs de Ria. comme aussi sur les coteaux de moyenne éléva- tion, des feuilles de divers laiterons.

Crioceris 12-punctata Linné. (Lacordaire, Mon. Phytoph.^ \, p. o81)

Larve. Longueur, 10 millim.; largeur, 4 millim.

Corps en ovale allongé, mou, charnu, brunâtre, lisse et luisant. finen)ent ponctué, couvert de très courts cils roux et de plaques noires, fortement convexe en dessus, déprimé en dessous, à région antérieure réduite arrondie, la postérieure subatténuée et bimame- lonnée.

Tête petite, hémisphérique, cornée, jaune d'ocre, lisse et luisante, finement ponctuée avec courts poils roux épars et taches brunes sous-cutanées, ligne médiane flave, bifurquée au vertex en deux branches droites aboutissant au-dessous de la base antennaire. deux fovéoles en arrière de la lisière frontale qui est fortement échan- crée; épistome très large, court, noirïltre. à milieu flavescent ; labre large, noirâtre, à milieu échancré et biincisé, à bords arron- dis; mandibules courtes, fortes, rougeâlres, â extrémité noirâtre et quadridentée. les deux dents extrêmes les plus courtes ; mâ- choires continues à base large et membraneuse; lobe très réduit, petit, noirâtre, conique avec cils au bout; palpes maxillaires de quatre courts articles brunâtres annelés detestacé; menton charnu, brunâtre, pâteux; lèvre inférieure courte, transverse, avec courts palpes droits biarliculés, brunâtres, annelés de testacé ; languette fondue en une masse charnue intérieure; antennes courtes, testa- cées de trois articles coniques annelés de brunâtre, le terminal avec cil au bout et court article supplémentaire à la base ; ocelles brunâtres, au nombre de huit dont quatre grands disposés en carré en arrière de la base antennaire et deux au dessous de cette base; deux autres petits intermédiaires.

Segments thoraciqucs larges, brunâtres, convexes, très finement ponctués, s'élargissant d'avant en arrière, le premier un peu plus large que la tête, couvert d'une double et large plaque noirâtre, lui-

santé, une incision arfjiiée ;\ son bord antérieur provoque la forma- tion d'un demi-bourrelet médian; deuxième et troisième même forme, un peu plus larges, à flancs dilatés et ponctués de noir, garnis d"une rangée transverse de taches noires retiaussées d'un court cil noir, avec demi-bourrelet médian quadriponctiié de noir comme au premier.

Seçjments abdominaux fortement convexes, brunâtres, lisses et luisants, très finement ponctués, à flancs dilatés, coupés par une incision relevant les sept premiers arceaux en deux bourrelets entiers, le premier garni d'une rangée transverse de taches noires exhaussées d'un cil de même couleur; le deuxième par quatre de ces taches espacées ; huitième entier, atténué, avec rangée trans- verse de taches, suivie de deux autres, le neuvième petit, avec deux petites taches géminées et deux mamelons pseudopodes.

Dessous déprimé, les segments thoraciques flnement ponctués et garnis de quatre plaques noirâtres dans l'intervalle de chaque paire de pattes; les segments abdominaux fortement et diversement inci- sés, les incisions provoquant aux huit premiers arceaux la forma- tion d'un double mamelon susceptible de se tuméfier et îiur lequel progresse la larve durant sa marche, le premier porte en outre quatre taches brunes transverses, le dernier est bimamelonné avec fente en long, un bourrelet latéral bien prononcé garni de une, deux, trois, quatre on cinq taches brunes ciliées, suivant les arceaux, longe les flancs délimitant la zone d'action des deux régions dorsale et ventrale.

Pattes assez longues, noirâtres, lisses et luisantes, à base bi- ponctuée de noir, chargées de très courts cils épars; hanches fortes, coniques, trochanters courts, testacés. cuisses et jambes subcom- primées, tarses courts, noirâtres, aciculés, à base revêtue d'un lobe membraneux sur lequel repose le crochet tarsal.

Sa grande taille, sa couleur, sa ponctuation très fine, ses taches noires garnies de cils noirs sont des traits suffisants pour particu- lariser notre larve, dont l'existence est bien différente de celle de ses congénères, dont le corps est enveloppé d'une légère couche gluante qui lui assure une adhérence complète sur les corps contre lesquels elle se pose.

Lorsque la larve du C. paracenthesis a achevé son œuvre, que la p!u[iart des boutons floraux de l'asperge sauvage sont consom- més, ce qu'il en reste est destiné à la larve qui nous occupe ; en effet, dès que les baies de l'asperge ont atteint le quart ou la moitié de leur développement, la femelle dépose sur le fruit un œuf dont le point d'impact est facile à recounaître par sa teinte blanchâtre tranchant bien avec le vert tendre du fruit; il éclô* en peu cIq

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temps et la larve en ronge la pulpe aussitôt née ; elle se développe dans ce milieu nourricier sans en sortir autrement que pour passer d'un fruit à un autre, ce qu'elle fait facilement à l'aide de ses pattes, de ses mamelons abdominaux et de son pseudopode anal ; elle se servira aussi de ces appendices lorsque plus lard, arrivée au terme de son développement larvaire, elle aura à quitter la baie pour suivre en descendant la tige jusqu'à terre et gagner un abri qui lui assure une retraite pour la transformation de son corps.

Bouché, Naturg. 1833, p. 3"2. a donné de cette larve quelques détails insigniliants au point de vue descriptif.

Les fruits vidés par la larve se reconnaissent à leur pellicule blan- châtre; avant d'etïectuer sa transformalion, une fois sa position clioisi'% elle rassemble des grains de terreel de pierre, des débrisde feuiliesou do brindilles qu'elle agglomère non loin de la surface du sol en leur donnant la forme d'une coque qu'elle appuie souvent contre les racines charnues de l'asperge ; la matière agglutinative est blanchâtre et parait spumeuse, quoique consiolanle, les parois intérieures de la loge sont lisses et atïectent la forme oblongue.

Nymphe. Longueur, 6 millim. ; largeur, 3 millim.

Corps un peu arqué, charnu, glabre, d'un beau jaune orange, convexe en dessus, déprimé en dessous, arrondi en avant, atténué et courtemenl biépineux en arrière.

Tête lisse, déclive, diversement incisée ; vertex relevé ea deux légères carènes obliques à intervalles finement ridés ; le premier segment thoracique fortement convexe, lisse et luisant, finement ponctué, a bord antérieur relevé en léger bourrelet; deuxième court, bifovéolé, avancé en pointe sur le troisième, qui est canaliculé ; segments abdominaux courts, transverses, s'élargissant jusqu'au quatrième pour s'atténuer ensuite vers l'extrémilé, qui est un peu arquée, finement pondues, diversement incisés, le bord postérieur des six premiers relevé en légère lame Iran^verse ; septième plus grand, à bord arrondi et relevé; huitième et neuvième très réduits, ce dernier prolongé par deux courtes pointes connivenles ;\ sommet rembruni et aciculé; flancs relevés en léger bourrelet suivi en des- sous d'une courte lame; dessous déprimé, antennes noduleusis arquées reposant près du milieu des cuisses des deux premières paires de pattes; ailes et pattes blanchâires, genoux en saillie légère.

La nymphe repose dans sa loge sur la région dorsale; elle peut imprimer k ses derniers segments abdominaux de légers mouve- ments défeusifs latéraux; la durée de la phase njmphalo est de dix à douze jours, des premiers jours au milieu de septembre.

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Adulte. Parait toute l'année, est plus abondant en automne et au printemps, hiverne sous les pierres et sous toute espèce d'abri ; vers la mi-aoùt a lieu, sur l'asperge sauvage, le rapprochement des deux sexes; l'accouplemeiil a lieu par superposition, le mâle sur la femelle, il dure la journée; une fois fécondée, la mère songe à assurer le sort de sa progéniture ; à cet effet, elle gagne le grain d'asperge le plus voisin et pond dessus un œuf, passe à une autre baie, pond un autre œuf, sa ponte se continuant ainsi fruit par fruit jusqu'à l'épuisement de i'ovaire.

Œuf. Longueur, 1 millim.; largeur, 0""^2.

Allongé, fusiforme, jaunâtre, lisse et luisant, finement pointillé, ridé, arrondi aux deux pôles, plus atténué à un bout qu'à l'autre, à coquille résistante.

Quatre à cinq jours après le dépôt de la ponte a lieu l'éclosion; la jeune larve gagae aussitôt l'intérieur de la pulpe et s'y installe.

Cryptophagus saginatus Sturm. (Erichson, Insect. Deutsch., 1846, p. 354).

Larve. Longueur, 3 millim. 4 ; diamètre, 1 millim.

Corps charnu, allongé, linéaire, jaune orange, à bords et inter- sections segmentaires lestacés. lisse et luisant, très finement poin- tillé, couvert d'assez longues soies dorées, convexe en dessus, subdéprimé en dessous, à région antérieure arrondie, la postérieure peu atténuée et bifide.

Tête petite, arrondie, fortement convexe, lisse et luisante, très finement poiiilillée, parsemée de courts cils sur le disque, plus longs sur les côtés, ligne médiane obsolète, très légèrement relevée ; une forte impression en forme de fer à cheval entre les deux branches bifurquées; épistome court, transverse, bicaréné, labre arrondi courtement frangé de cils roux ; mandibules courtes, arquées, à base jaunâtre, à extrémité noirâtre et acérée; mâchoires charnues, à tige droite, ciliée, à lobe court frangé de courtes soies, à palpes coniques flavescents triarticulés ; menton obtriangulaire, lèvre inférieure charnue, bilobée, à palpes courts droits, biarticulés, à languette courte, charnue, arrondie, ciliée ; antennes allongées, latérales de quatre articles ciliés et testacés, le basilaire court, annulaire ; deuxième tuberculiforme court aussi, troisième long obconique prolongé par un court article supplémentaire, intérieur à base ciliée; «juatrième court, ténu, prolongé par trois cils, le médian très allongé ; ocelles, un point jaunâtre corné, ocelliforme en arrière du milieu de la base antennaire.

lu

Segments tlwraciques convexes, fiuemenl pointillés, jaune orange, à bords et à intersections jaunâtres, couverts d'assez longues soies dorées droites, avec ligne médiane obsolète coiiimune aux huit premiers segments abdominaux; le premier grand, quadri- latéral,.^ angles arrondis, s'élargissant d'avant en arriére, un peu plus large que la lète ; deuxième et troisième un peu plus courts, transverses, tous trois à flancs excisés et relevés en léger bourrelet et à bord postérieur sillonné.

Segments abdominaux courts, larges, Iransverses, convexes, finement pointillés, couleur et cils des précédents avec excision et bourrelets semblables pour les huit premiers qui s'atténuent vers l'extrémité, neuvième testacé, couvert de plus longs cils, de couleur plus sombre, prolongé par deux épines longues, arquées, à pointe rougeâtre, uniciliée, dirigée vers l'intérieur.

Dessous subdéprimé, couleurs des arceaux et des intersections semblables au-dessus, un peu plus courlement cilié avec incisions obliques aux segments abdominaux, segment anal semi-circulaire- ment incisé, les bords de l'incision relevé en léger bourrelet, cloaque excavé, fente transverse ; une double rangée de bourrelets relève les flancs en forme de double chainon, chaque rangée mar- quant le trait d'union des deux régions dorsale et ventrale.

Pattes très allongées, latérales, jaunâtres, ciliées de roux; hanches courtes massives, légèrement canaliculécs, trochanters courts, cou- dés, cuisses longues, larges, comprimées ainsi que les jambes, qui sont moins fortes et terminées par un court onglet rougeâtre aci- culé, à base cilié:.

Stigmates petits, orbiculaires, testacés, à péritrème flave, la première paire sous le cordon de bourrelets, au bord antérieur du premier segment thoracique,les suivantes très petites, au-dessus du cordon et au tiers antérieur des huit premiers segments abdomi- naux, en partie cachées par le bord postérieur du segment précé- dent.

Cette larve se fait remarquer par la couleur de ses arceaux, par l'incision en forme de fer à cheval qui couvre sa tête en partie, ainsi que par son article supplémentaire anlennaire ; elle est très agile ; issue en automne d'une génération pondue en été, elle vit, progresse sous les écorces de peuplier en décomposition, se nour- rissant des diverses substances animales et végétales abondantes dans ce milieu nourricier; un la trou\e toujours en nombre; vers la mi-avril, parvenue à la lin de son existence larvaire, elle se façonne dans les matières mêmes elle a puisé sa subsistance une loge oblongue, à parois lisses et, quelques jours après, elle opère sa transmutation.

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Ni/mphe. Longueur, i millim. 2 ; largeur, l millim.

Corps charnu, allongé, jaune orangé, légèrement arqué, éparse- nient cilié, convexe en dessus, (iéprinié en dessous, arrondi en avant, atlénué et courleUient biépineux en arriére.

Icte déclive, convexe, à disque bombé, h surface rourlenient ciliée ; premier segment thoracique grand, fortement convexe, à bords relevés, à angles antérieurs arrondis, les postérieurs aigus et saillants, à surface couverte de longs cils divergents, noirâtres, à base subbulbeuse, deuxième court, transverse, à milieu incisé; troisième plus grand, avancé en pointe vers les segments abdomi- naux, qui sont larges, transverses, s'atténuant vers l'extrémité, couverts d'une rangée transverse de longs cils roux, leurs flancs excisés et relevés en bourrelet garni de longs cils; segment anal court, arrondi, prolongé par deux grêles filets cylindriques droits, lestacés, peu écartés; dessous déprimé; antennes dentées, obliques, leur bout reposant près des genoux des deux premières paires de pattes ; genoux saillants uniciliés.

La nymphe dans sa loge repose sur la région dorsale, elle peut imprimer à ses segments abdominaux de légers mouvements défen- sifs; la phase nyinphale est de courte durée, huit à dix jours, puis l'adulte apparait au dehors après avoir traversé la couche de détri- tus qui avait protégé ses premiers âges.

Adulte. On le trouve toujours dès le mois de mai sous les écorces sous lesquelles se sont passés ses premiers états; il ne les quitte que rarement, il s'accouple même sous leur couvert et tant qu'elles offrent de la nourriture et une garantie appropriées aux besoins de sa larve; les générations s'y renouvellent; on prend aussi l'adulte durant tout le printemps sous divers abris, dans les lieux frais et légèrement humides abondent les végétations cryptogamiques.

Rey, dans ses Larves de Coléoptères, 1887, p. 52, a dit quel- ques mots de la larve que nous venons de décrire.

Ptinus fur Linné. (Mulsant, GibbicoUes, 18G8, p. 131).

Nymphe. Longueur, 4 millim.; largeur, 2 millim.

Corps allongé, oblong, mou, charnu, blanc jaunâtre, lisse et lui- sant, glabre ou à peu près, convexe en dessus, déprimé en des- sous, atténué et arrondi à la région antérieure, la postérieure plus atténuée et trifide.

Télé affaissée, prolongée très en arrière, vertex binoduleux, sur*

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face oculaire très saillante; premier segment thoracique gibbeux, à milieu échancré, les bords de l'échancrure relevés en légère carène, les côtés relevés en légère éminence, le bord postérieur étranglé en forme de col; deuxième segment étroit, transverse, prolongé par un léger tubercule qui s'avance sur le milieu du troisième, lequel est plus grand et à milieu incisé ; segments abdominaux courts, trans- verses, s'élargissanl peu sensiblement jusqu'au quatrième pour s'atténuer vers l'extrémité, garnis de quelques rares courts cils, transversalement striés, à lianes légèrement relevés ; neuvième membraneux, blanchâtre, garni d'une pointe droite, à bout jau- nâtre ; dessous déprimé, les segments abdominaux convexes, le segment anal chargé de deux gros tubercules binoduieux en saillie au-dessous de la pointe dorsale: antennes arquées, reposant par leur milieu près des genoux des deux premières paires de pattes, puis longeant le bord des élytres, celles des femelles ne dépassant pas ce bord, celles des mâles se continuant en arc pour se rejoin- dre par leur bout ; genoux saillants, en particulier ceux de la troi- sième paire de pattes.

Le corps des femelles est plus ovalaire, plus massif que celui des mâles.

Dans sa loge, la nymphe repose sur la région dorsale ; elle peut imprimer à ses segments abdominaux de légers niouvensents laté- raux ; la phase nymphale, commencée fin juillet, se termine vers la mi-août.

La description de cette nymphe a été déjà faite, mais d'une ma- nière si succincte que nous avons cru devoir la développer.

La larve se trouve en grand nombre dans les déjections sèches des souris et des rats, en particulier dans les maisons et masures inhabitées.

Sur les coteaux des environs de Ria, comme en montagne, jus- qu'à l'altitude de 1,400 mètres, cette espèce est bien plus grande, plus développée, à mouchetures plus abondantes et si fournies qu'où serait tenté d'en faire une espèce particulière quand ce n'est qu'une simple variété.

Omias Companyoi Buheman.

L'accouplement a lieu de jour, en janvier et février, sous les pierres, sur la face exposée au midi, il dure une journée et plus ; après la disjonction des deux sexes, la femelle gagne le collet des racines de la plante nourricière (Fcstuca vari.i) et conlie au sol le résultat de sa ponte, qui comprend de huit à_^dix œufs qu'elle

pose peu profondément les uns à côté des autres.

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Œuf. Longueur, 1 niillim.; diamètre, 0'""'4.

Allongé, fusiforme, blanc de lait, très finement pointillé, arrondi aux deux pôles, dont l'un est atténué.

Au bout de quinze à vingt jours, selon ie degré de la température, il éclôt et la jeune larve plonge aussitôt en terre à la recherche de son élément nourricier, les radicelles de Festuca.

OEuf gros eu égard à la petite taille de la mère.

11 résulte des données qui précèdent, que nous avons affaire ici à une espèce hivernale dont l'époque d'apparition, l'accouplement et la ponte ont lieu au cœur de la saison froide.

Dans notre o= mémoire, page l"2o. nous avons déjà fait connaître la larve, la nynphe ainsi que le genre de vie de l'adulte ; par la description de l'œuf se trouve ainsi complété le cycle évolutif entier de cette espèce.

Oxythyrea stictica Linné. (Mulsaat, Lamellicornes, éd., 1871, p. 694).

L'accouplement des deux sexes a lieu de jour, au printemps, sur les fleurs ; les préambules sont assez longs, le rapprochement dure tonte la journée, il se prolonge dans la nuit; dès le lendeniaiu, la femelle fécondée vole à la recherche de la pitance chère à sa larve : fumiers pailleux, de préférence ceux nouvellement enterrés dans les champs, dans les vignes, njonceaux d'herbes, de détritus accumulés dans les fosses, au bord des fourmilières ; là, dans ce milieu nourricier, elle s'enfonce et pond, à côté les uns des autres, de 8 à 10 œufs qu'elle recouvre d'une légère couche de terre.

Œuf. Longueur, V"-"'2; diamètre, 0'"">3.

Ovoïde, blanchâtre, à enveloppe consistante, très linement poin- tillé, à pôles arrondis.

L'éciosion a lieu huit à dix jours après le dépôt de la ponte et la jeune larve plonge aussitôt dans les substances destinées à lui servir d'alinient.

L'adulte est nuisible aux fleurs de la vigue et de tous les arbres fruitiers dont il dévore aussi les bourgeons; il est très résistant, mutilé des deux i lytres, il vole comme si rien n'était ; les femelles sont souvent plus petites que les mâles.

Nous avons fait connaître les premiers états de VOx. slictica dans notre premier mémoire, p. lOi; par la description de la phase ovaire se trouve complétée l'évolution de l'espèce.

Revue d'Entomologie, Janvier 1898. 2

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Galeruca canigoensis Fcauvel.

(Fauvel, Revue d'Entomologie, 1892, p. 3lo).

Nous n'avons pu cons'aier raccoupleiiient des deux sexes de cette espèce. dont l'hahilal n'est pas à moins de -i,!. 00 mètres d'al- titude sur le revers oriental du Canigou et que l'on trouve à l'état adulte, à de rares intervalles, au printemps et en automne; nous avons été simplement témoin de la ponte d'une femelle qui déposait, un 24 novembre, ses œufs au collet de la tige d un fouillis de plantes fermant gazon ; nous donnons la description de 1 oeuf, que nous avons recueilli en petit nonibre.

Œuf. Longueur, 1"""4 ; diamètre. 1 niillim.

Spliérique. jaune verdàlre, linement granuleux, à coquille résis- tante, arrondi aux deux pôles.

Celte date du 24 novembre semblerait faire croire qne. dans ces lieux élevés, l'œuf passe l'biver : il n'en est rien, la jeune larve éclôt en quelques jours et, après avoir pris un peu de nourriture, elle s'enfonce dans le sol au pied des végétaux nourriciers et y prend ses quartiers d'hiver.

Ocypus similis Fabricius.

A'^yînp/ie. Longueur, 11 niillim. ; largeur, 4 miilim.

Corps allongé, subcoriace, jaunâtre, avec lignes suturales. pointes et bords ferrugineux, convexe en dessus à la réj^ion thoracique, déprimé à la région abdominale, large et arrondi en avant, atténué et bifide en arrière.

Tète très grande, convexe, en ovale allongé, fortement déclive, lisse et luisante, imperceptiblement sillonnée, glabre ; segments thoraciques convexes, le premier très grand, sculiforme, linement pointillé, à milieu relevé en légère carène, à bord antérieur garni de longs cils à pointe divergente, à bord postérieur légèrement relevé, deuxième étroit cordiforme, glabre, ainsi que le troisième qui est transverse ; segments abdominaux déprimés, courts, trans- verses, très linement striés ponctués, les six premiers égaux, les côtes relevés en lame ferrugineuse, leur tiers postérieur faible- ment caréné, le premier avec carène médiane, septième et huitième allénués vers l'extrémité, leurs côtés égalenitiil déiirimôs et garnis d'une longue soie fugace arquée, neuvième très réduit, entièrement ferrugineux, à milieu dé[irimé. à côtés prolongé? en une expansion triangulaire chargée d'une courte épine droite ; det.sous subcouve.xe; antennes arquées, leur bout reposaul près des genoux

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des deux premières paires de pattes, genoux peu saillants; stig- mates, la première paire abiioininale péilonculée et latérale, les deuxième et troisième un peu moins et dorsales, les suivantes ses- siles et de plus en plus réduiles.

Cette nym[»lie, dont le corps est inerte, repose dans sa loge sur la région dorsale; elle se fait remarquer par la forme et par l'em- piaciement de ses trois premières paires de stigmates abdominaux, ainsi que par les -soies latérales des septième et huitième segments.

C'est en avril, dans une loge façonnée en terre friable bumide, aux bords des filets d'eau, qu"a l;eu la phase nymphale, laquelle dure de 13 à 18 jours.

Onthophagus vacca Linné. (Mulsant, Lamellicornes, 1870, p. 101).

Larve. Longueur, 16 millim.; largeur, 4 millim.

Corps bossu, de forme particulière, formant un triangle dont le sommet renflé se trouve aux premiers segments abdominaux, puis s'atténue d"un côté vers la tête, de l'autre vers l'extrémité posté- rieure, très mou, charnu, flave, lisse et luisant, couvert de très courts poils roux, convexe en dessus, subdéprimé en dessous, arrondi en avant, tronqué en arrière.

Tête petite, orbicuiaire, cornée, convexe, jaunâtre pâle, finement poinlillée. lisse et luisante, avec poils roux épars, ligne médiane pâle bifurquée en deux traits aboutissant à la base antennaire, inci- sion en forme de V en arrière de la litière frontale, qui est margi- née de rougeâlre ; épistome grand, trapézoïdal; labre large, trilobé, chaque lobe courtement cilié de roux ; mandibules grandes, à base rougeàtre. à extrémité noire et bidentée à la droite, Iridenlée à la gauche : la dent supérieure très accentuée. a\ec molaire tranchante au milieu de la tranche interne, fossette au milieu de la tranche externe et rainurelle de séparation entre les dents; mâchoires fortes, membraneuses coudées, lobe continu, arqué, à bor'^s ciliés, à bout épineux, palpes de quatre articles coniques; menton court, transverse, lèvre inférieure bilobée et ciliée, chaque lobe renflé, palpes courts droits, coniques, biarliculés, deux cils à l'emplace- ment de la languette, qui est peu apparente ; autennes latérales testaeées. un peu arquées, 1"^'' article court, annulaire, 2- allongé, . 3"^ et égaux, un peu plus courts, ce dernier prolongé en courte pointe, petit, acuminé.

Serments thoraciques courts, transverses et convexes, éparse- menl ciliés, incisés à leur tiers postérieur, un peu moins larges que

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a têie et sur le même plan qu'elle, le l^r charnu blanchâtre, fine- ment pointillé, un peu plus développé que les deux suivants, qui sont égaux.

Segmenis abdominaux flaves. très mous, transversalement et éparsemeut ciliés et striés, forlemcnt boursouflés, les trois pre- miers s"élargissant en formant angle, les suivants s'atténuant vers l'extrémité en constituant une branche opposée, les sept premiers bitransversalement incisés, avec une seule incision, 9'^ sans incision bien marquée, sac grand, fortement pointillé, tronqué, à fente transverse.

Dessous subdéprimé, les segmenis abdominaux diagonalement incisés, poche grande avec deux rangées de courtes épines rou- geâtres convergeant Tune vers l'autre; un bourrelet latéral, prolon- gement de la région dorsale couvre le dessous eu longeant les flancs.

Pattes flaves, très allongées, éparsemeut couvertes de longs cils, hanches fortes, cylindriques, trochanlers courts, coudés, cuisses à bout renflé, jambes atténuées, terminées par une expansion conique à bout coupé et courtement unicilié.

Stigmates petits, en forme de croissant, flaves, à péritrème roux doré, la1''° paire au bord postérieur du l*^'" segment tlioracique au-dessous du bourrelet latéral, les suivantes au-dessus de ce bour- relet et au bord antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Cette larve porte comme traits particuliers Tincision en forme de V en arrière de la lisière frontale, la molaire iranchante de ses mandibules, la double rangée arquée d'épines de son sac anal et le tarse coupé et prolongé par un court cil; une multitude de ramiii- cations sous-cutanées, flaves. partent des stigmates et aboutissent à la région dorsale, elles paraissent avoir leur origine.

Provenant d'une génération éclose au printemps, la larve s'ali- mente tant que durent les provisions amassées par la mère ; fin mai, parvenue à sou eniier développement, elle enduit les parois intérieures de son réduit d'une couclie agglutmalive et se prépare aussitôt à subir sur place sa transformation.

Adulte. Quoique abondant dans les environs de Ria, Tadulte y est localisé, son apparition bat son plein au printemps et se conti- nue, mais avec beaucoup moins d'intensité, en autuiiine.

Dans la ûgure, très exacte au reste, qu'a donnée .Mulsant de cette larve, qu'il n'a pas décrite, les lobes maxillaires seraient échancrés, par suite biJentés. Dans les larves que nous avons examinées et dont la détermination n'était pas douteuse, ces lobes sont larges, continus, sans échancrure, leurs bords sont ciliés et le bout seul en est biépiueux.

il

Agrilus nigrivestis Ab.

(Abeille, Reçue cVEntomologie, 1897, p. -23).

Larve. Longueur, 12-14 millim.; largeur, Iff^a.

Corps très allongé, charnu, jaunâtre, transversalement strié, glabre, lisse et luisant, déprimé en dessus comme en dessous, à région antérieure large, arrondie, la postérieure large aussi et bi- épineuse.

Tête large, transverse, enchâssée dans le premier segment tho- raciquo, à bord antérieur noirâtre, échancré et corné ; épistome court, transverse, membraneux ainsi que le labre qui est petit, en demi-ogive, à bord très courtement duveteux; mandibules courtes, noires, lisses et luisantes, avec strie transverse médiane, à base rougeâtre et excavée, à extrémité noire, dentée, puis échancrée, à tranche interne creuse; mâchoires courtes, droites, membraneuses; lobe très petit, à bout arrondi, frangé de courts cils; palpes à pre- mier article gros, tuberculiforme, deuxième moindre, conique, à bout bicilié; menton constitué par une masse charnue divisant la lèvre, qui est suivie d'une courie languette, par un trait suturai, traces bien apparentes de palpes; antennes courtes, rétracliles, de trois courts articles, le basilaire grand, le terminal cilié ; ocelles, pas de traces.

Segments thoraciques, le premier grand, large, transversale- ment ovaiaire, très finement ridé, imperceptiblement cilié, plaque mate, rugueuse, avec trait médian corné, noirâtre, lisse et luisant, deuxième et troisième moins larges, convexes, transverses, à Qancs dilatés.

Serpnents abdominaux grands, membraneux, blancliàtres, lisses et luisants, les sept premiers rectangulaires, finement striés, trans- versalement ridés, à flancs excisés, leur bord relevé en un fort bourrelet, huitième et neuvième courts, un peu plus larges, trans- verses, mamelon anal jaunâtre, arrondi, courtement cilié de roux, prolongé par deux pinces cornées, noirâtres, obtusément triden- tées, intérieurement excavées et recouvrant l'anus, dont la fente est longitudinale et les commissures ciliées de roux.

Dessons déprimé, même consistance qu'en dessus, le premier segment thoracique avec trait médian rougeâtre, les deuxième et troisième dilatés; les bourrelets des sept premiers segments abdo- minaux couverts d'une forte ponctuation au-dessous du rebord, mamelon anal jaunâtre, ponctué et de roux cilié ; le bourrelet laté- ral marque la ligne de séparation des deux régions dorsale et ven- trale.

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Pattes sans traces, bourrelets et mamelons en tiennent lieu.

Stigmates très petits, orbicuiaires, jaunâtres, à péritrèine rous- sâtre, la pretnièie paire un peu plus accentuée, plus inférieure près du bord antérieur du deuxième segment thoracique. les suivantes au-dessus du bourrelet latéral et au quart antérieur des huit pre- miers segments abilominaux.

Cette larve vit dans les tiges du chêne chermès. Qucrcus cocci- fera. Linné, dont elle ronge tantôt le liber et l'aubier, tantôt le cœur du bois; l'œuf déposé à l'extrémité de la branche, la larve éclôt à la fin de l'été, elle ronge en descendant, se maintenant quelque temps entre bois et ôcorce ; en mars, à l'instar de la larve du C'>rœbus bifaseiatus, elle opère un changement de direction qui la fait remonter vers la tige en la contournant de manière à en pro- voquer la mort en empêchant ainsi la sève d'affluer au delà; en avril seulement, elle plonge dans le bois, elle se façonne une loge naviculaire dont l'ouverture est dirigée vers l'écorce, qu'elle touche presque: c'est à ce point que fin mai elle subira sa transfor- mation nymphale.

Nymphe. Longueur, 6 millim ; largeur, 2 millim.

Corps allongé, oblong. un peu arqué, blanc jaunâtre, glabre, lisse et luisant, déprimé en dessus, un peu moins en dessous, à région antérieure arrondie, la postérieure atténuée; toutes les autres particularités du corps, y compris le bourrelet latéral commun aux sept premiers segments abdominaux, comme chez les nymphes cennues du genre.

Dans sa loge, la nymphe repose soit sur les flancs, soit sur la face ventrale; la durée de la phase nymphale est de quinze à virgt jours environ ; l'adulte sort par un trou plus ou moins ovalaire suivant le sexe.

Adulte. Paraît en juin ou juillet, quelquefois en août; il se tient sur les tiges de l'arbuste nourricier, se laisse tomber à, terre au moindre sujet de crainte ou prend son vol : est loin d'être rare aux environs de Ria, mais le meilleur moyen de se le procurer en nombre consiste à recueillir les branches contaminées par sa larve, à les apporter chez soi et à en attendre l'éclosion.

La larve a pour parasite un petit hyménoptère du groupe des Braconides, du genre Opius. dont l'espèce est à décrire.

Chez la plupart des exemplaires de celle espèce, le corselet est cuivreux doré, rarement verdâire, toujours luisant, les élytres d'un noir bleuâtre.

19 Bembidium callosum Kuster.

(Duval, Ann. Soc. Enl. Fr., 18ol, p. 5i0).

Lctrve. Longueur, 4 à 5 millim.: